… du lundi à un vendredi …

 

 

 

… Un lundi …

Allo ? Oui, bonjour. C’est moi. Je sais. Tu vas bien ? Oui, je vais bien. Il fait beau chez toi ? Ça va. Tu fais quoi ? C’est quoi ces banalités ? Je voulais te demander … j’ai l’occasion de passer chez toi, tu veux bien qu’on se voie ? Oui. Je peux venir vendredi  en début d’après-midi ça te va ? Tu remarqueras que je t’ai dit oui avant de savoir quand, donc oui, ça me va. A vendredi alors. A vendredi. Je … tuuut tuuut tuuut …

… Vendredi  midi et quelques …

Bonjour (sourire). Bonjour (sourire aussi). Tu vas bien ? Oui, ça va.  Ça fait longtemps que je ne suis plus venu.  Sans doute, je ne compte pas les jours.  La route a été bonne ? Oui, pas trop de trafic. Tu as changé la disposition de tes meubles ? Oui, tu aimes ? C’est chouette, ça paraît plus grand. Tu veux boire quelque chose ? Oui, un verre d’eau, tu sais je n’ai pas beaucoup de temps, deux heures, trois maximum.  Je sais, comme chaque fois. Ne sois pas amère. Je ne le suis pas, j’ai appris depuis le temps. Tu veux qu’on fasse l’amour ? (sourire moqueur) pourquoi … tu es venu pour voir mes meubles ? Viens, tu me manques. Mais je suis là, je suis toujours là. Je sais, tu es une perle. N’exagère pas quand même, tu m’as dit aussi que j’étais chiante. Parfois oui, c’est vrai (sourire attendri). Allez, viens, profitons de ce moment rien qu’à nous. Oui, j’en ai envie moi  aussi. Je t’ai manqué ? Arrête ces questions idiotes, on est à moitié nus tous les deux, on risque d’attraper  froid à ce petit jeu de questions/réponses, je suis frileuse, tu as oublié ? Là c’est toi qui pose une question. T’es con. (rires). Je t’aime tu sais. Je sais. Et toi tu m’aimes ? S’il n’y avait pas d’amour je trouverais ces moments vulgaires, et je suis une fille qui déteste la vulgarité. T’es vraiment pas banale toi. Tu en doutais ? ………………………………………………………………………………………….

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J’aime ces moments avec toi. Pareil, tu le sais. J’aime ton parfum, ta douceur, ta fougue, tes folies. C’est toi le fou. Pourquoi tu dis ça ? Chuuuut … je ne veux pas que tu me parles de ta vie là-bas, de ta vie de tous les jours, de ta vie à deux, nous ce n’est pas une vie à deux, c’est juste des instants. Tu m’en veux ? Pas du tout, si ça ne me convenait pas, tu ne serais pas ici, tu serais sur la route, tu serais presque arrivé là où tu dois être. Je veux juste que tu saches que ma vie est sans surprise, une vie faite d’habitudes, sans fantaisie, une vie banale tout simplement. Oui, c’est peut-être ça la vie à deux  …  chuuut, je te l’ai dit, je ne veux pas le savoir. D’accord.

… Vendredi  4 heures et quelques …

Il faut que je parte. Oui. Ne sois pas triste, je reviendrai. Je sais. Dès que je le peux. Moi je me fiche de la date, de l’heure. Qu’est-ce que je t’aime toi.  Allez, vas-y, pars. Tu as raison, avec toi le temps passe toujours trop vite,  il est plus tard que je l’imaginais. Je m’en fiche, c’est toi qui gères ton temps, ta vie, ta conscience … ta femme.

Je t’aime. Moi aussi (sourire larmes aux yeux) ……………………………….

 

Viviane